Un hebdomadaire d’information politique et religieuse :
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Le coucou radoteur et les perroquets schizophrènes
Éditorial du n° 93 - Semaine 31
On croit être vacciné, et pourtant il réussit encore à nous étonner. Dans son discours de Grenoble, Nicolas Sarkozy a une fois de plus manifesté sa volonté de faire « la guerre » « contre les voyous », « une guerre nationale ». Sic. En huit ans, Nicolas Sarkozy (ministre ou président) a déclaré la guerre au moins huit fois. Et l’on n’a jamais rien vu venir. Puis il a ajouté : « La nationalité française doit pouvoir être retirée à toute personne d'origine étrangère qui aurait volontairement porté atteinte à la vie d'un policier, ou d'un militaire de la gendarmerie ou de toute autre personne dépositaire de l'autorité publique. La nationalité française se mérite, il faut savoir s'en montrer digne. »
Une fois de plus, Sarkozy recopie le programme du Front national. De façon tellement évidente qu’on se demande comment il peut oser le faire à ce point-là. Mais on sait qu’il ose. C’est comme ça qu’on le reconnaît.
Ca se fait, mais c’est impossible
Les suites de ce discours, ce fut d’une part une surenchère au gouvernement et à l’UMP : Brice Hortefeux ajoute d’autres motifs de déchéance de la nationalité, un député nous annonce une proposition de loi prévoyant que les parents des jeunes voyous pourront être punis de deux ans de prison, sans nous expliquer ce qu’on fait des enfants quand les parents sont en prison…
Et d’autre part la gauche s’indigne, et les médias nous abreuvent des commentaires de leurs spécialistes du droit constitutionnel, qui nous disent tous que le projet de Sarkozy est impossible à mettre en œuvre.
J’ai lu et relu ces arguments, et ils me donnent l’impression d’entendre une bande de perroquets schizophrènes. Ils disent tous la même chose. D’abord, ils reconnaissent que la loi permet la déchéance de la nationalité, pour des faits graves et sous certaines conditions, puis ils affirment qu’il est impossible de déchoir quelqu’un de sa nationalité, parce que c’est contraire au droit international et à la Constitution : il y a des citoyens français, on ne peut pas distinguer entre ceux qui le sont de naissance et ceux qui ont acquis la nationalité, les Français de naissance ne peuvent pas être déchus donc ce serait une intolérable discrimination, etc. Or, même si elles sont rares, il y a bel et bien des déchéances de la nationalité, mais c’est impossible. Comprenne qui pourra.
Ca touche à l'intime…
Et l’on insiste sur le fait que la nationalité est constitutive de l’identité, et même de la personnalité. Dominique Rousseau va même jusqu’à dire : « Priver une personne de sa nationalité, c'est comme la priver de son nom. C'est impossible. Ça touche à l'intime. »
Quand on sait qu’on parle de voyous qui proclament que la nationalité française ce ne sont que des papiers, qui répondent « musulman » quand on leur demande leur nationalité, qui déambulent avec un T-shirt aux couleurs algériennes et célèbrent comme on le sait l’équipe algérienne de football, ce serait à mourir de rire, si ce n’était l’illustration tragique d’un refus pathologique de voir la réalité.