Un hebdomadaire d’information politique et religieuse :
Un hebdomadaire d’information politique et religieuse :
Une belle cagade diplomatique de l’UE
Éditorial du n° 67 - Semaine 05
Tous les ans, au printemps et en automne, il y a un sommet entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Le dernier a eu lieu à Prague, puisque la République tchèque présidait le Conseil européen. Le prochain est théoriquement prévu en mai, mais… où ? Personne ne le sait.
Car le traité de Lisbonne est passé par là. Il a gardé la présidence tournante semestrielle, qui est actuellement assurée par l’Espagne, et il a institué une présidence permanente, dont le titulaire est Herman Van Rompuy. Or le traité est muet sur l’articulation entre ces deux présidences… Si bien qu’on ne sait pas qui présidera le sommet UE-Etats-Unis, ni d’ailleurs tous les autres sommets prévus, car ils sont nombreux, même si l’on n’en parle guère. Et l’on ne sait pas où, puisque cela dépend du qui : si c’est Zapatero, c’est en Espagne ; si c’est Van Rompuy, c’est à Bruxelles.
Obama va sécher le sommet…
A la Maison Blanche et au Département d’Etat, les officiels ne cachent pas leur irritation, et ils la manifestent, même si c’est de façon anonyme, dans les colonnes du Wall Street Journal, qui titre : « Obama va sécher le sommet avec l’UE ».
A la Maison Blanche, certains affirment en effet qu’Obama n’ira pas au sommet : « Il ne s’est pas engagé à y aller, et il ne l’a pas prévu. »
Au Département d’Etat, certains disent qu’il y a toujours des discussions avec les diplomates de Bruxelles pour savoir si la puissance invitante est la présidence tournante du Conseil européen ou le président permanent Herman Van Rompuy : « Quelle personnalité américaine ira, et à quel niveau, dépend de qui invitera à la réunion. » Un autre souligne que cette confusion, qui résulte du traité de Lisbonne, conduit même à se demander s’il y aura un sommet. « Nous leur avons dit : résolvez le problème, et faites-le nous savoir. »
Selon le Wall Street Journal, « le ministre européen des Affaires étrangères a dit qu’on lui avait dit que les problèmes politiques intérieurs des Etats-Unis avaient conduit à la décision de réduire les voyages à l’étranger ». Ce qui est faux, s’empresse d’ajouter le journal…
Catherine Ashton, nulle
Le « ministre », c’est Catherine Ashton, officiellement haut représentant etc. Elle multiplie les bourdes depuis sa nomination, et désespère les diplomates de Bruxelles. « Elle est en train de tuer le job », « elle n’a ni l’équipe, ni la profondeur, ni l’intention de faire de ce poste ce qu’il aurait dû être », disent-ils, selon le journaliste Jean Quatremer qui les côtoie quotidiennement.
Catherine Ashton a fait scandale en restant chez elle, à Londres, alors que toute la planète se portait au secours d’Haïti. Hillary Clinton était sur place, mais pas Catherine Ashton. On le lui a reproché amèrement. Elle a répondu qu’elle n’était ni médecin ni pompier… Ce qui montre qu’elle n’a en effet aucune notion du rôle qu’elle est censée jouer.
Elle n’était pas non plus à la conférence des donateurs pour Haïti, où elle avait délégué Kouchner, ni à un séminaire de l’ONU où se trouvait Hillary Clinton… D’ailleurs elle avait annoncé qu’elle avait une famille à Londres et qu’elle n’allait pas faire 300 000 km par an… Alors elle n’a pas d’appartement à Bruxelles et ne répond plus au téléphone après 20 heures…
On ne se désolera certainement pas que le « ministre des Affaires étrangères de l’UE » soit nulle à ce point. C’est au contraire une bonne nouvelle, qui laisse un sursis aux nations. Mais lorsque cela va jusqu’à perturber les relations entre l’Europe et les Etats-Unis, là c’est too much…