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Libéralisme halal…

Éditorial du n° 70 - Semaine 08


Le mouvement patronal Ethic a pris la défense de Quick, de façon vigoureuse, en ces termes :

« Ce choix halal résulte tout simplement de la rencontre entre l'offre et la demande et d'un choix marketing. Que ce choix réponde à un goût particulier, au succès d'une spécialité étrangère ou à une tradition culturelle ou religieuse, relève de la liberté d'entreprendre. » Ethic insiste lourdement : « C'est un non-sens de prétendre vouloir imposer à un commerçant ce qu'il doit vendre. » Et ajoute : « Fustiger l'offre halal est extrêmement discriminant. »

Ethic a été fondé par Yvon Gattaz en 1975, au moment où il entrait au conseil exécutif du CNPF (dont il sera président de 1981 à 1986, bataillant avec fougue contre le gouvernement socialiste). Ethic est l’acronyme de « Entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance ». Mais le nom montre qu’il s’agissait d’inciter les entrepreneurs à respecter des valeurs éthiques, et cette éthique était héritière des catholiques sociaux.

Aujourd’hui, il semble qu’Ethic ne soit plus qu’un porte-voix du libéralisme pur et dur qui a intégré la vulgate « antiraciste » : critiquer le Quick Halal, c’est « extrêmement discriminant ». La réalité est inversée, au nom de la liberté d’entreprendre. Une liberté qui permet de faire ce que l’on veut, à partir du moment où l’on en escompte du profit. Sans s’occuper une seconde du bien commun.


Montebourg aussi


Il est significatif que le flamboyant socialiste Arnaud Montebourg ait dit la même chose que le mouvement Ethic : « Quick, jusqu'à nouvel ordre, n'est pas un service public. (…) Quick est une société privée qui fait ce qu'elle veut de son offre. Personne n'est obligé d'aller manger au Quick. »

Le libéralisme sans morale est aujourd’hui la chose du monde la mieux partagée.

Or on voit que la liberté d’entreprendre érigée en dogme absolu rend aveugle. A Ethic comme chez Montebourg, il n’y a pas le moindre début de réflexion sur ce qu’implique la décision de Quick. Puisque de nombreux clients potentiels sont musulmans, faisons un Quick musulman. Un Quick dans lequel les non-musulmans seront admis à condition qu’ils se plient à la charia et qu’ils versent eux aussi la taxe sur les produits halal qui sert à construire les mosquées et à développer l’islam.


Imposer l’islam au nom de la liberté


Il ne leur vient pas le moins du monde à l’esprit que lorsque le processus d’islamisation, auquel Quick contribue volontairement pour augmenter ses profits, sera achevé, nous serons dans une société où il n’y aura plus aucune liberté. Où la sacro-sainte « liberté d’entreprendre », telle qu’ils la conçoivent, n’existera plus, car elle sera entièrement régie par la charia. Ils ne voient même pas l’opposition irréductible qu’il y a entre « libéralisme » et « halal ».

Le libéralisme est ainsi le fourrier de l’islam, ce que l’on savait déjà. Mais quand il se dit « éthique », c’est à hurler.

Bien entendu, la déclaration d’Ethic a été saluée comme il se doit par les autorités musulmanes. Dalil Boubakeur, interrogé par l'AFP, en a repris mot pour mot l’argumenta-tion : « Il n'y a pas de mal à ce qu'une entreprise choisisse un créneau qui lui semble économiquement porteur. Il s'agit de liberté d'entreprise et d'évolution de la société, la définition de l'offre appartient à l'entreprise. »

Les patrons éthiques, le président de la Grande Mosquée de Paris, le secrétaire national du PS à la Rénovation, sont en parfait accord. Au nom de la liberté, l’islam doit s’imposer.


Daoudal Hebdo

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