Un hebdomadaire d’information politique et religieuse :

 

Ce site a été réalisé par les EDH



L’index des noms et des sujets

du n°1 au n°50

est disponible

gratuitement















de même que celui du n°51 au 92















de même que celui

du n°93 au 138

L’aveuglement

Éditorial du n° 144 - Semaine 42


On pourrait en rire, mais il y a quand même quelque chose de gravement indécent dans l’attitude de nos journalistes et politiciens qui découvrent tout à coup l’islamisme des pays arabes et s’inquiètent de ce que cela va donner, tout en essayant de se rassurer en soulignant les protestations « démocratiques » de ces « islamistes modérés »…

Ils n’ont donc pas vu ce qui se passe dans les pays « libérés » par les Américains : l’Afghanistan, où selon la Constitution supervisée par les Américains, toute loi doit être conforme à la charia, et où l’apostasie de l’islam est passible de la peine de mort ; l’Irak qui est soumis à une réislamisation massive et dont les chrétiens ont dû fuir, soit à l’étranger, soit au Kurdistan pour le moment plus accueillant. Ils n’ont pas vu non plus ce qu’est déjà devenue la « révolution » égyptienne, où les jeunes occidentalisés de Facebook ont totalement disparu de la scène pour laisser la place aux islamistes main dans la main avec l’armée.


La « démocratie musulmane »


Pour la Tunisie, on tente de se rassurer par le fait qu’Ennahda n’a pas la majorité absolue et devra donc composer avec d’autres forces politiques. Mais c’était prévu. Ennahda avait annoncé d’emblée que le parti aurait 40 % des sièges, de même que les Frères musulmans en Egypte ont annoncé depuis longtemps qu’ils visaient un maximum de 50 % des sièges. C’est pour faire « démocratique » vis-à-vis de l’Occident, et ça marche… Et l’on ne voit pas que ceux avec qui les islamistes s’allient sont des faire valoir…

Il serait touchant de voir, si ce n’était à pleurer devant tant d’inconscience, des ministres et des hérauts des droits de l’homme en appeler aux idéaux de la révolution et tenter de conjurer le sort en faisant toujours con-fiance aux jeunes, alors que les règles implacables de la démocratie donnent le pouvoir non à ces jeunes qui ne représentent qu’eux-mêmes mais aux islamistes qui sont hélas les authentiques représentant d’un peuple soumis aux imams et qui voit son intérêt dans un islamisme social grassement financé par les monarchies du Golfe.

Les soi-disant islamologues des médias nous expliquent désormais que l’on s’achemine vers une « démocratie musulmane », comme nous avons eu en Occident la démocratie chrétienne. Ces imbéciles oublient que c’est le christianisme qui a inventé la distinction entre Dieu et César, c’est-à-dire la laïcité, qui n’a aucun sens en islam. Il ne peut donc pas y avoir de démocratie musulmane comme il y a une démocratie chrétienne. Il ne peut y avoir qu’un « islam politique », comme ils disent, avec toutes les implications non démocratiques (en dehors de l’élection) que cela suppose, dont la charia.


La dhimmitude dans la Constitution


Grande émotion quand Moustapha Abdeljalil, le président du Conseil national de transition libyen, a annoncé (en dehors de tout processus démocratique…) que la Libye avait « adopté la charia comme loi essentielle » et que « toute loi qui violerait la charia est légalement nulle et non avenue ». Mais il l’avait déjà dit, et cela figure en toutes lettres dans le projet de Constitution publié par le CNT en août. Dans l’article 1, bien sûr, mais avec cette précision inédite et que personne ne paraît avoir remarquée : « L’Etat garantira pour les non-musulmans la liberté de pratiquer leurs droits religieux et garantira le respect de leur système de statut personnel. » C’est un retour au droit ottoman, avec le système de la dhimmitude, affirmé en tête de la Constitution. Et ça c’est nouveau.

Daoudal Hebdo

BP 16023

56160 Guémené sur Scorff.

redaction@daoudal-hebdo.info